vendredi 15 août 2014

Chronique : Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay


Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay. (Genre : Drame).

Editions : Le Livre de Poche
Prix : 7,10€
Année de parution originale : 2010

  .Résumé : Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais.


  .Ce livre m’était imposé par mon binôme pour notre challenge chaque mois. J’avais des a priori sur le style de l’auteur qui se sont envolés. J’avais des idées préconçues sur le thème de cette histoire qui ont été balayées d’un revers de main. Personnellement j’ai la couverture du film et elle reflète bien le contexte de l’histoire. Le résumé me tentait mais j’avais vraiment peur de me lancer… Au final, je ressors conquis de ma lecture, avec laquelle j’ai passé un excellent moment.

  .Le début m’a de suite emballé. Cette alternance de point de vue, ces chapitres courts qui poussent à la curiosité et donnent envie de continuer. Comment ne pas être happé par cette histoire particulière et envoutante à sa manière ? Même si le début est un peu lent à démarrer, parce qu’il faut que l’auteure pose les bases de son intrigue. J’ai été pris dans les mailles du filet du récit. Tatiana de Rosnay a très bien construit son histoire et ça se voit au premier coup d’œil.

  .Les deux personnages principaux sont vraiment attachants et dès le départ on se sent proche d’elles et de leurs histoires. D’un côté il y a Sarah qui ne comprend pas, qui est déboussolée, qui se pose des questions et espère en silence que les choses s’amélioreront. J’ai eu du mal à m’attacher à elle à cause de la narration à la troisième personne la concernant. Mais au fil de son histoire, de la découverte de son passé, je me suis pris d’affection pour cette fillette qui a subit des choses atroces. Je ne peux pas expliquer mon empathie qui s’est déclenchée en lisant son intrigue. C’était juste émouvant et prenant au possible. Puis il y a Julia, dont la narration se fait à la 1ère personne. Je me suis directement attaché à cette américano-française. Par sa curiosité et par son audace, sa psychologie, ses pensées, ses idées, son courage. Tout m’a plu dans son personnage qui évolue et je ne regrette pas d’avoir fait sa connaissance. Julia est une battante et son caractère contrebalance la fragilité de Sarah. D’autres personnages sont aussi importants dans l’histoire comme Edouard, Zoë, Bertrand ou William. Mais je vous laisse les découvrir. En tout cas, l’auteure a réussi à dépeindre des personnages travaillés, effleurant un réalisme fou d’où une concrétisation presque parfaite de leurs relations.

  .Plus important encore que les personnages, c’est le thème abordé par Tatiana de Rosnay. Je dois vous avouer que je n’ai pas l’habitude de lire des livres qui traitent des déportations, des juifs, des camps d’extermination. Mais ici, c’est abordé de manière tellement réaliste avec cette double intrigue que je ne pouvais que m’y intéresser. L’auteure relate l’histoire de la France, des choses taboues, oubliées et mises de côtés. J’ai aimé découvrir l’histoire de Sarah, même si l’auteure ne fait pas dans la dentelle. Le côté sombre, le côté dur presque pervers des camps… j’en ai même eu les frissons tellement j’avais peur pour cette petite fille. Un sujet dur à aborder mais qui est fait d’une belle manière. On sent les recherches, les renseignements, peut-être aussi les témoignages que l’auteure a du faire. En tout cas, je lirai d’autres livres sur le sujet c’est quasi sur !

  .Le rythme est affreusement bon. Moi qui avais peur, parce que le livre fait quand même 400 pages, il se lit vite, trop vite. Les chapitres courts apportent aux deux intrigues un rythme phénoménal. L’histoire de Sarah, celle de Julia. La curiosité qui nous pousse à savoir pourquoi les deux femmes vont être mêlées. Qu’est-ce qui va les réunir ? Puis les deux intrigues se fondent en une seule afin que celle de Julia prennent plus de place. Afin que l’intrigue principale se transforme presque en course poursuite. L’auteure amène alors des révélations insensées qui vont tout remettre en question. Des secrets inavoués depuis longtemps vont refaire surface et Dieu sait que parfois « il ne faut pas remuer le passé ». L’auteure connaît ses personnages, ses intrigues et manie cela très bien. Des retournements de situations prenants et émouvants. J’ai failli pleurer quelques fois et je ne compte pas les fois où j’ai eu des frissons.

  .En ce qui concerne le style d’écriture de Tatiana de Rosnay, je m’attendais à un style compliqué. Mais en fait pas du tout, c’est un style simple et efficace. Elle sait manier les mots, il n’y a aucun doute là-dessus et c’est ce qui nous permet de ressentir tellement de choses. La fin m’a beaucoup plu parce qu’elle permet de terminer dans la vérité et c’est tout ce qui compte. Et puis l’épilogue m’a aussi touché parce qu’il permet de rendre un hommage, et je dis chapeau ! Ce livre est à mettre entre toutes les mains. Il nous permet de prendre conscience de notre passé douloureux tout en nous posant des questions essentielles sur le pourquoi des agissements de l’époque…

.Ma note : 8,5/10

dimanche 10 août 2014

Chronique : L'été des lucioles de Gilles Paris


L’été des lucioles de Gilles Paris. (Genre : Jeunesse, Contemporain).

Editions : Héloïse d’Ormesson
Prix : 17€
Année de parution originale : 2014

  .Résumé : Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes : c’est parce que François, son père, n’ouvre pas son courrier qui s’amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble ; c’est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu’elles sont heureuses ensemble. Et c’est parce que les adultes n’aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu’il a rencontré son meilleur ami Gaspard. Les vacances au Cap-Martin, cet été là, seront pour Victor et son copain Gaspard l’occasion de partir à l’aventure sur l’étroit chemin des douaniers qui surplombe la côte. En guidant les garçons jusqu’aux passages secrets menant aux somptueuses villas, papillons, baronne et jumeaux feront bien plus que leur ouvrir la porte des jardins enchantés.


  .Lire un livre totalement à l’improviste de mon prévisionnel du mois, ça arrive ! Mais celui-là n’était pas du tout prévu. C’est à l’occasion de la rencontre avec l’auteur Gilles Paris, qui est un homme hyper gentil, que j’ai eu envie de le lire de suite. Bah oui, il m’a trop tenté ! Je trouve la couverture vraiment mignonne et reflète bien le côté enfantin que l’on peut percevoir dans le roman. Quant au résumé… je ne le connaissais pas et j’ai acheté le livre grâce aux bons avis. Finalement, j’ai passé une agréable lecture.

  .Le 1er chapitre m’a de suite interpellé. L’histoire de ce petit garçon ne m’a pas paru banale dès les premières phrases et j’ai eu raison. L’auteur a su titiller ma curiosité et c’est un point qu’il faut souligner. Cependant je dois admettre que j’ai du mettre une cinquantaine de pages avant de rentrer totalement dans l’histoire. Mais une fois qu’on s’est glissé dans la peau de Victor, tout coule de source et on comprend parfaitement ses idées de petit garçon.

  .Beaucoup de personnages vont être développés dans cette histoire. D’abord il y a Victor, qui est notre narrateur et est un garçon touchant avec ses réflexions et ses idées de petit bonhomme. L’auteur arrive à le rendre touchant, à nous le faire découvrir petit à petit et à décortiquer son histoire. Il est un personnage bien travaillé, on se prend d’affection pour son passé et ses petits problèmes. Puis il y a Claire, Pilar, François, Alicia, Gaspard et Justine pour l’essentiel. La famille de Victor le porte dans le récit et on découvre les petits problèmes de chacun d’eux. Certes, ce ne sont pas des personnages aussi attachants que notre petit héros mais on sent une certains sensibilité à travers les yeux de cet enfant. Cela rend le tout mignon et tellement plus accessible alors qu’au final presque tout lui échappe.

  .Au départ, je dois vous avouer que j’ai été un peu sceptique par l’intrigue en elle-même. Je ne voyais pas vraiment où l’auteur voulait m’amener. Certes on suivait Victor, sa famille et ses amis en vacances mais vers quoi on se dirigeait… c’était le grand mystère ! Mais petit à petit, certains éléments font leur apparition, de nouveaux personnages entrent en scène et je dois dire que c’est finement joué. Je me suis pris au jeu de me poser des questions, de m’interroger sur certaines choses. Tout cela mêlé aux réflexions de Victor, ce qui nous fait douter. Mais je dois dire que le petit côté fantastique presque réaliste m’a beaucoup plu ! Et si l’auteur lit cette chronique, il reconnaîtra ses propres mots lors de notre entrevu.

  .Mais au-delà de la petite intrigue qui se cache au final derrière l’histoire de Victor et de sa famille, l’auteur aborde des thèmes qui pour moi sont essentiels. Il met en avant les relations entre les êtres humains, que ce soit au niveau familial, amical ou amoureux. Le tout à travers le regard d’un garçon de 9 ans, cela rend le tout attendrissant. Et les questions qui nous paraissent difficiles deviennent plus simples parce qu’un jeune garçon, ça a réponse à tout même si les réponses ne sont pas forcément les bonnes. Le rythme est aussi très bon. Les chapitres sont courts et l’histoire nous rend curieux donc cela nous pousse toujours à continuer.

  .Le style de Gilles Paris m’a beaucoup plu. Il écrit et décrit bien et même à travers une narration à la première personne d’un enfant de 9 ans, il réussit à ne pas avoir une plume jeunesse et je l’en félicite. Même si certaines phrases sont assez longues ou si certaines constructions m’ont fait relire des passages, sa plume est efficace. On ne s’arrête jamais de lire et notre lecture s’accélère plus on avance dans l’histoire. Et la fin… les cinquante dernières pages m’ont beaucoup plu et j’ai ressenti des choses. Gilles Paris m’a même tiré le frisson à trois reprises. Une très belle fin, qui conclut le livre sur une note positive d’espoir que j’ai particulièrement apprécié.

  .Enfin, je vous recommande ce roman. Il est une très bonne découverte contemporaine et Gilles Paris est un auteur français, raison de plus. Une histoire originale où vous retomberez en enfance grâce à Victor, un jeune garçon attachant. Un bon rythme, une plume qui ne cesse de progresser au long du roman et qui se fait de plus en plus prenante. Et une touche de fantastique bien abordée que j’ai apprécié !

.Ma note : 8/10