mercredi 24 juin 2015

Chronique : Les Déviants de Westley Diguet


Les Déviants de Westley Diguet. (Genre : Amour, Drame).

Editions : Westley Diguet
Prix : 10€
Année de parution originale : 2015

  .Résumé : Paris, France, 2022, Tyler et Alexandre vivent en couple depuis plusieurs années lorsque le Lord arrive au pouvoir. La France s’assombrit et bientôt l’Europe toute entière sombre dans un chaos indescriptible. « Les Déviants » sont fichés, interpellés, privés de leurs droits et petit à petit, on voit leur nombre diminuer. « Les Déviants » sont les hommes qui aiment les hommes, les femmes qui aiment les femmes… Ils sont devenus des cibles, des sous-hommes, et la traque a déjà commencé. Fuir est une possibilité, mais le secret que les deux jeunes hommes gardent dans leur cœur, les retient dans l’ancienne Ville Lumière… Prêts à tout pour le protéger, ils mettront leur vie en danger. Pour l’Amour, contre l’Injustice.


  .Lorsque Westley a sur sa page parlé de son action pour l’association « Le Refuge », je n’ai pas hésité à commander son roman. Si lire peut amener à faire un petit geste, je suis pour. De plus, c’était l’occasion pour moi de découvrir sa plume. « Les Déviants » possède une magnifique couverture, tellement représentative du bouquin. L’illustrateur a totalement cerné l’intensité de la scène se déroulant dans le roman… franchement chapeau ! Le résumé, je l’avais lu en avril, lors de ma commande… mais je n’avais plus tous les détails en tête. J’ai passé avec ce court roman de 144 pages, une lecture incroyable !

  .Le prologue m’a de suite happé dans cette histoire. L’auteur rentre dans le vif du sujet dès le départ. Il met en relief la différence de nos personnages. Une différence qui fait mal et qui ronge. Une différence qu’on marque d’un tissu de couleur rose… comme avec l’étoile juive pendant la 2nde Guerre Mondiale. Le parallèle ne cessera d’être fait durant le roman. Et j’ai trouvé l’idée incroyable bien qu’elle soit très extrême. Je ne doute pas que ma chronique sera contradictoire. Parce que je vais vous dire que j’ai aimé et adoré… Mais dans l’autre sens, les personnages vivent des choses horribles et Westley Diguet n’hésitent pas à pousser au maximum ses idées.

  .Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé avec les personnages. Ils m’ont profondément touché et ému. D’une manière incroyable, forte et sincère. Tyler est le personnage qu’on va suivre. A travers son regard, on voit l’amour qu’il porte à Alexandre. Un amour inconditionnel et profond. C’est un jeune homme qui ne cessera de se battre pour sa cause. Il est courageux, bon et altruiste. Un homme profondément porteur de valeurs humanistes. Quant à Alexandre, il possède les qualités de Tyler. Mais comme le dit si bien ce dernier, il est encore plus brave et courageux que lui. Parce qu’à la différence de Tyler qui veut se rebeller, Alexandre se tait et rentre dans le rang. C’est un couple uni et soudé, dont l’auteur a parfaitement réussi à nous montrer l’intimité. Même celle la plus profonde. Je regrette qu’on ne connaisse pas plus leur passé… Mais ils restent des personnages attachants au possible. Je me contenterai de ces personnages, parce que je veux vous laisser la surprise de la découverte.

  .Le rythme de l’histoire et de l’intrigue est dingue. En 144 pages, il se passe énormément de choses. Alors certes, tout n’est pas expliqué dans le détail. Difficile de raconter une histoire complète avec si peu de pages. Mais sincèrement, je m’en moque. L’auteur va à l’essentiel, narre ce qui compte réellement. Et on ne peut pas s’arrêter de tourner les pages. Les chapitres ne sont pas longs ce qui amène une fluidité supplémentaire au récit. Rien n’est superflu, tout est à prendre et à assimiler… parce que ce simple roman est porteur de messages et de valeurs importantes.

  .A travers cette petite dystopie, les homosexuels sont traqués pour être éradiqués. L’idée fait réfléchir, surtout que l’histoire se déroule en 2022… pas si loin de nous au final. J’aurai aimé que Westley Diguet nous explique plus l’ascension au pouvoir du Lord, qu’il nous explique plus en détails la mise en place de ce régime. Après, je sais qu’en peu de pages, il est difficile de tout décrire. Mais j’ai trouvé son idée extrêmement culottée et forte, bien qu’elle soit choquante aussi. Parce que dans son monde, l’auteur ne fait pas dans la demi-mesure. C’est oppressant, heurtant, violent et surtout déchirant. Un futur que le lecteur réussi à assimiler et à comprendre. Et on veut évidemment se battre pour sauver les droits des « Déviants ».

  .Le style de l’auteur m’a énormément plu. Il a une manière d’écrire qui est très touchante et sincère. C’est un style qui m’a immergé dans l’histoire. Sa description des scènes est remarquable et je peux vous dire que j’ai eu ma petite larme. Il y a une telle sincérité dans son écriture, qu’on sent que ça vient du cœur. Les émotions sont fortes, vous ne ressortirez pas indemne de votre lecture. Autant dans les émotions positives que négatives. Ce combat mené par Tyler et Alexandre m’a vraiment mis mal au ventre parce que c’est beau. La fin m’a énormément plu, surtout l’épilogue ! Je ne peux que vous recommander ce bouquin. Parce que Westley Diguet décrit l’amour dans ce qu’il est, dans son plus simple appareil.

.Ma note : 9/10.

Les exemplaires des « Déviants » seront disponibles à l’achat au Salon du Livre de Poitiers et à la Japan Expo. Si après ces événements, il reste des exemplaires à l’auteur, il les mettra en vente sur Amazon. Merci de votre compréhension.

dimanche 21 juin 2015

Chronique : Hate List de Jennifer Brown


Hate List de Jennifer Brown. (Genre : Drame, Jeunesse).

Editions : Albin Michel
Prix : 15€ (Lecture Commune)
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2009
Titre version originale : Hate List.


Littérature

Hate List, la fusillade de l’incompréhension

Le roman jeunesse sorti en 2012 aborde à travers le personnage de Valérie le thème de la reconstruction de soi.

  Sorti en 2012 aux éditions Albin Michel, Hate List est un roman d’actualité tant par son thème que par les valeurs retranscrites dans l’histoire. Il a été élu meilleur livre de l’année par la School library journal et par l’American library association. Ce roman qui fait étrangement écho à la loi sur le port d’armes aux Etats-Unis. Jennifer Brown y aborde le sujet d’une fusillade dans un lycée. Autour de ce thème, l’histoire invite à s’interroger sur la psychologie du personnage principal, Valérie. A la fois torturée moralement, humiliée et incomprise, elle va devoir réapprendre à vivre après le drame qu’a connu son lycée.

  « C’est moi qui ai eu l’idée de la liste. Je n’ai jamais voulu que quelqu’un meure. Est-ce qu’un jour on me pardonnera ? » C’est ce que pense Valérie, effondrée après la tuerie inexplicable survenue au lycée Garvin où elle étudie. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu’ils ont écrite pour s’amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l’établissement. Certains sont blessés. Beaucoup sont morts. Et Nick s’est suicidé, emportant son secret pour toujours. Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu’au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée…

  Comment cette jeune fille va-t-elle faire pour reprendre goût à la vie ? Blessée elle aussi dans la tuerie, certains pensent qu’elle est une victime. D’autres disent encore qu’elle est aussi responsable que Nick de ce drame. Valérie est l’instigatrice de la « liste de la haine », certains déduisent rapidement qu’elle doit être inculpée de tous ces meurtres. Pourtant Valérie n’a jamais voulu mettre à exécution ses paroles morbides. Elle ne pensait pas que son amoureux irait aussi loin. Qu’il passerait à l’acte d’une manière aussi brutale. Valérie et Nick ont des ennemis parce qu’ils sont considérés comme des loosers. Cependant elle s’accommode de sa petite vie. De ses amis aussi loosers qu’elle et de sa famille soudée. Tout porte à croire qu’après la tuerie, elle ne réussira pas à se relever. Pourtant la rencontre avec un psychologue va la faire avancer.

  Jennifer Brown aborde des thèmes qui touchent les adolescents. Le deuil d’un être cher qui nous hante. La reconstruction de soi après un traumatisme majeur. Le déchirement d’une famille qui était jusque là unie. Les a priori, les doutes, les apparences, le dépassement de sa personne et l’espoir d’un bonheur prochain. L’intrigue est construite entre le passé et le présent. Le passé pour décrire le drame connu par les élèves du lycée de Garvin. Pour savoir si Valérie a oui ou non, joué un rôle de complice. Le présent permet au lecteur de voir l’évolution de la jeune fille. Comment les autres la perçoivent. Comment une ennemie peut se révéler être celle qui l’aide à se sentir mieux. Comment ses propres parents eux peuvent avoir des doutes…

  Ce roman fonctionne comme une thérapie. Le lecteur voit à travers le point de vue de Valérie sa réinsertion dans la société. De quelle manière cet oisillon va trouver un courage exceptionnel pour prendre ses ailes et s’envoler. Comment grâce à une rencontre, sa vie bascule de manière positive. Un roman où le style de l’auteure met en valeur les sentiments. Des sentiments bruts, sincères et profonds même dans le malheur. Des sentiments qui ne vous laisseront pas indifférents.

Mathieu M

Ma note : 8,5/10.

La chronique de Guillaume pour cette lecture commune : ICI.