vendredi 28 août 2015

Chronique : Soeurs Sorcières - Livre 3 de Jessica Spotswood


Sœurs Sorcières – Livre 3 de Jessica Spotswood. (Genre : Jeunesse, Fantasy).

Editions : Nathan
Prix : 15,90€
Année de parution française : 2015
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : The Cahill Witch Chronicles, Book 3 : Sister’s fate.

  Résumé (SPOILERS SUR LE TOME 2) : L’attaque de la prison d’Harwood a été un succès : des dizaines de jeunes femmes injustement enfermées par les Frères ont été libérées. Mais Cate ne peut s’en réjouir. Sa sœur Maura a basculé du côté de la violence : elle a effacé la mémoire de Finn, son amoureux, et a anéanti tous les Frères du Conseil. L’heure de la prophétie semble avoir sonné… Maura ira-t-elle jusqu’à tuer sa propre sœur ?


  Avec la fin du tome 2 que nous avait fait Jessica Spotswood… je voulais de suite lire la suite. Non mais le retournement de situation de dingue, j’avais été choqué et en colère. Quand l’occasion s’est présentée d’acheter et de lire le tome 3, je n’ai pas hésité. J’avais très hâte de connaître le dénouement de cette trilogie. La couverture est identique aux autres, mais celle là possède un côté décisif. Le résumé… bah non pas lu, je devais m’empresser de lire ce dernier tome ! J’ai adoré ce bouquin, plus que les deux autres !!

  Le prologue résume la fin du tome 2, génial ! J’ai donc pu revivre la scène dès le début et me remémorer combien elle était horrible. Après, l’auteure enchaîne et met en place son intrigue sur le tome 3 très rapidement. Même si j’ai au début était perdu par l’abondance des noms, tout est revenu au fur et à mesure. Je me suis vite pris dans l’histoire parce que ça devenait hyper intéressant. Tant du point de vue des réflexions de Cate, que de la magie ou de la prophétie… chaud bouillant !!

  Les personnages sont vraiment le point central du récit. Notamment Cate dont on aura eu le point de vue durant les 3 tomes. Personnellement ça ne m’a pas gêné, mais l’auteure aurait peut-être pu faire parler Maura et Tess de temps en temps. Ça aurait été sympathique. Cate est toujours aussi attachante dans son dévouement envers ses sœurs. Cependant, son évolution tant à la rendre plus forte et plus entreprenante. Elle pense davantage à ses convictions et en ce qu’elle croit. Elle se fait plus forte et va chercher des ressources dont elle ignorait elle-même l’existence. Le destin de Cate collera-t-il avec la prophétie ? Ah Maura… comme dans le tome 2, je l’ai détesté à 80% dans ce tome ! Pourquoi pas totalement ? Je ne vous dirai rien, mais Maura se rend compte de certaines choses. Grâce à Cate, on la voit sous un nouvel angle. Son destin sera-t-il calqué avec ce que prédit la prophétie ? Tess m’a semblé un peu effacée dans ce tome. Pourtant c’est un personnage important notamment par son pouvoir. Il se passe des choses en elle qui dépasse son entendement et on est bien curieux de connaître ce qu’il en est. Tess échappera-t-elle à la prophétie ? Un trio de personnages que j’ai adoré. Tant par ce qu’on a pu découvrir sur elles dans les tomes précédents que par leur évolution et leur façon de penser.

  Le rythme est dingue et hyper prenant. On se pose mille questions ! Tant sur la prophétie que sur le futur comportement des sœurs Cahill. Ou sur un personnage qui prône la liberté des sorcières. Ou bien encore sur le petit ami de Cate, Finn. On n’arrête pas de bouger dans cette Nouvelle-Angleterre. On va assister à des tours de force par rapport aux pouvoirs de certains personnages. L’auteure met en place sa petite guerre entre clans et on se sent vite pris dedans. Les chapitres peuvent paraître longs mais c’est tellement passionnant que ça se lit tout seul.

  L’univers des sorcières, cette ambiance historique qu’apporte Jessica Spotswood c’est ce que j’ai adoré dans cette trilogie. Dans ce tome 3, les pouvoirs sont davantage mis en avant même si faire de la magie est toujours interdit depuis le 1er tome. J’ai adoré voir si la prophétie allait se réaliser et je peux vous dire que j’ai versé ma petite larme à la fin. J’étais tellement triste de ce qui se passait, ce n’était pas possible que ça finisse comme ça. En tout cas, ce tome 3 monte crescendo, pour finir en apothéose. L’auteure connaît ses personnages, leurs compétences et son univers de sorcières. J’aimerai en dire plus, mais je n’arrive pas à retranscrire les choses tellement je les ai adoré !

  La plume de Jessica Spotswood est toujours très prenante. Elle arrive à imprégner son lecteur dans l’atmosphère historique de l’histoire. Ce que j’ai aimé c’est le côté visuel de sa plume. J’ai tout réussi à voir dans ma tête. Gros point fort de cette trilogie. La fin je l’ai aimé, mais je suis également un peu déçu. En fait, il y a une partie de la prophétie dont on ne sait pas grand-chose. On pourrait supposer un avenir… cependant si l’auteure avait fait un épilogue quelques années plus tard, ça ne m’aurait pas dérangé ! Si vous n’avez toujours pas commencé cette série, foncez ! Le tome 1 est génial et vous serez vraiment attaché aux sœurs Cahill comme moi je l’ai été. Triste de les laisser dans leur petit monde de magie qui a bien évolué.

Ma note : 8,5/10.

dimanche 23 août 2015

Chronique : Will & Will de David Levithan & John Green


Will & Will de David Levithan & John Green. (Genre : Contemporain).

Editions : Gallimard Jeunesse
Prix : 15€
Année de parution française : 2011
Année de parution originale : 2010
Titre version originale : Will Grayson, will grayson.

  Résumé : Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de cœur portent la poisse, tout le temps. Alors, dans la vie, autant se faire discret. Son meilleur ami, Tiny Cooper, est à la fois une bénédiction et une vraie plaie : ami fidèle et rayonnant, il est aussi ouvertement gay que corpulent et n’a pas l’habitude de passer inaperçu. A l’autre bout de la ville, un adolescent en pleine déprime assume mal sa différence. Le hasard veut qu’il se nomme lui aussi Will Grayson…


  Mon binôme Guillaume m’a offert ce livre pour mon anniversaire. David Levithan et John Green sont deux auteurs que j’aime beaucoup. Par leur façon d’écrire mais aussi par les messages qu’ils dégagent dans leurs bouquins. Ici, avec « Will & Will », on ne déroge pas à la règle. La couverture est sympathique, identique à celle de la VO en paperback. Je m’étais imaginé toute une histoire dans ma tête, sans avoir lu le résumé… et je me suis trompé. D’ailleurs pour mon plus grand bonheur. J’ai en tout cas passé un très bon moment de lecture.

  Je ne sais pas comment est agencé ce roman à quatre mains. Est-ce que David Levithan est un Will Grayson et est-ce que John Green est l’autre ? Peut-être, mais je ne suis pas sûr. En tout cas, les auteurs commencent doucement en nous présentant les deux Will. Par une alternance de points de vue, chacun va se dévoiler. On va donc connaître leurs problèmes et leurs aspirations personnelles, leurs relations familiales et amicales. Tout ce qu’un adolescent pourrait ressentir en somme. Sauf que les deux Will sont totalement différents. C’est cette différence qui va permettre au roman d’être incroyablement bon.

  Le premier Will Grayson a une famille tout ce qu’il y a de plus banal mais des amis qui sortent de l’ordinaire. C’est un jeune homme qui a peur des « on dit », du regard des autres et de l’assimilation qu’on pourrait faire avec son meilleur ami Tiny Cooper, gay revendiqué. Ce Will Grayson va évoluer dans le roman au contact de ses amis, mais aussi au contact de l’autre Will Grayson. Il va se rendre compte que les choses ne sont pas aussi compliquées qu’elles n’y paraissent. Que ce qu’il avait devant les yeux peut aussi bien être magnifique que ce qu’il voudrait. Qu’il faut se contenter de ce que l’on a. Que le futur est pour demain et qu’on a bien le temps de changer entre temps. L’autre Will Grayson est un garçon follement amoureux d’Isaac, un garçon rencontré sur le net. Bien qu’il se sente amoureux de ce gars, il n’assume pas son homosexualité ouvertement. De ce fait, il est déprimé et renfermé. Il se replie sur lui-même et devient petit à petit introverti. Jusqu’à ce qu’il rencontre l’autre Will Grayson et là, tout va se débloquer. Tiny Cooper est aussi un personnage important. Il apporte cette dose de folie, l’assurance de ses convictions, sa bonne humeur et sa gaieté. Les personnages sont le point central du roman, tout tourne autour d’eux. Je les ai trouvés bien exploités pour le présent et le futur. J’aurai aimé davantage d’éléments passés pour les connaître encore plus.

  Grâce à l’alternance des points de vue entre les deux Will Grayson, le rythme est excellent. On ne se rend pas compte qu’on tourne les pages. On est toujours curieux de savoir ce que fait l’autre Will et où il en est dans ses réflexions. Après, j’aurai aimé que les deux Will se rencontrent encore plus tôt dans le roman. Certes, l’écriture a quatre mains et avoir deux personnages principaux faits que le roman met du temps à démarrer. Les auteurs prennent leur temps pour nous immerger dans l’histoire et je reconnais que c’est essentiel. Mais comme c’est l’élément déclencheur… Après, c’est un roman basé sur la réflexion, les convictions, la différence. Il n’y a pas d’actions à proprement parler. Le tout fait que le rythme est bon.

  Les thèmes que développent John Green et David Levithan sont actuels au possible. Ils traitent de l’amour des adolescents qu’ils soient hétéro ou homo. De l’homosexualité en tant que tel : son acceptation, sa revendication et l’ouverture d’esprit des autres (amis et famille). Mais aussi des sentiments tels que la colère ou de la souffrance dans la dépression. L’amitié est aussi mise en avant. Parce que c’est l’amitié qui lie Will Grayson et Tiny Cooper. C’est l’amitié qui va amener ce même Will Grayson à tomber amoureux d’une fille. C’est d’abord l’amitié et ensuite l’amour qui va pousser l’autre Will Grayson à accepter son homosexualité. C’est aussi cette amitié qui permet l’acceptation des petits défauts des autres.

  Si le style à quatre mains est addictif. C’est un style qui ne m’a pas fait ressentir grand-chose. Je me suis attaché aux personnages et à leurs considérations. J’ai été touché sur certains points mais pas autant que ce que j’aurai pu espérer. C’est ce que je reproche à John Green en général. Il sait écrire des romans sublimes, notamment par les thèmes qu’ils abordent. Mais les émotions sont un petit peu laissées de côté. Par contre la fin est magnifique. Les auteurs envoient de beaux messages au lecteur et c’est pour ça que ce roman est super !

Ma note : 7,5/10.