vendredi 12 août 2016

Chronique : Le je de trop - Tome 1 de François Belley


Le je de trop – Tome 1 de François Belley.
(Genre : Science-fiction).

Editions : L’écriveur
Prix : 15€ (Partenariat)
Date de parution originale : 6 juin 2016.

  Résumé : 11 septembre 2022. Pour la première fois en France, un internaute se voit infliger une peine d’un an ferme sans Internet. Plongé jusqu’alors dans la grandeur du monde facile de l’accès – de l’accès au temps, de l’accès à l’information, de l’accès à la connaissance, de l’accès à l’autre, de l’accès à un « Moi » devenu roi –, Larry Jonnes se voit frappé du choc de la déconnexion. Loin du Cloud et des réseaux sociaux, ce game designer dans l’industrie du jeu vidéo découvre l’horreur d’une vie « sans » : l’horreur d’une vie devenue impossible sans son « @ ».


  Un livre gentiment proposé par l’auteur lui-même. Je dois dire que le thème m’a de suite interpellé. Quand on traite d’un sujet autant actuel… je ne peux pas m’empêcher d’être curieux. J’aime voir comment les auteurs abordent ce thème qu’est internet et l’hyper-connexion. François Belley m’a donc eu dans ses filets. Une couverture sans prétention qui ne reflète pas tellement le roman. Dommage pour cet aspect. Le résumé en dit assez pour être tenté et c’est ce qui m’a attiré. Au final, je ressors assez mitigé de ma lecture. Certains aspects m’ont plu mais le bouquin souffre de plusieurs défauts.

  Dès le début on se retrouve avec notre protagoniste Larry Jonnes. Il va apprendre que sa connexion Internet va lui être interdite suite à un Tweet allant contre le gouvernement. On sent chez l’auteur dans ce 1er chapitre une envie directe de mettre en garde. Et je dois dire que c’est bien fait, on se pose des questions sur notre propre société. Une bonne entame qui va se poursuivre lors du 2ème chapitre. Cela amène de la curiosité chez le lecteur pour poursuivre sa lecture.

 Je ne sais pas si c’est le sujet du livre qui veut ça, mais je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Que ce soit Larry ou Alix, je n’ai pas été entraîné dans leur vie. On est juste un peu sensible à leurs difficultés et au fait qu’ils se rencontrent dans le bouquin. Il m’a manqué tout un pan de leur vie quotidienne. Une profondeur qui aurait amené plus de relief, moins de superficialité. Larry et Alix aurait été davantage travaillé et je me serai, peut-être, plus identifié à eux. Mais encore une fois, quand on traite de l’hyper-connexion, c’est le détachement entre la personne réelle et celle sur internet qui est soulevé. Du coup, le problème vient sûrement de là.

  Le rythme du livre est agréable. Au début de chaque chapitre il y a une référence à internet telle que « LOG », « IRL », ou encore « OMG ». Une façon pour l’auteur d’apprendre au lecteur quelques termes de l’internet. Les chapitres sont de taille normale ce qui ne ralentit pas le récit. L’histoire s’enchaîne bien et on voit vite se dessiner la structure du livre. Deux personnages, chacun a un problème, ils vont se rencontrer pour essayer d’un résoudre au moins un… mais le souci c’est que j’aurais aimé un peu plus d’originalité. Que l’auteur prenne des risques, qu’il opère fasse des petits retournements de situation. On n’est pas tellement surpris.

 Le thème du livre est bien traité. On parle d’internet donc, de l’hyper-connexion, d’un gouvernement qui surveille tout sur la toile, jusqu’à interdire les personnes d’accès au web si elles peuvent être une « menace » pour la société. J’ai bien aimé comment l’auteur aborde ces aspects. Il y a beaucoup de référence à notre société actuelle et François Belley les manie avec tact. On voit les répercussions d’un monde aussi connecté et ça fait très peur. Cependant, je pense qu’il a voulu en faire trop. J’aurais préféré un peu plus de recul, de détachement, pour que cette société de 2022 ne prenne pas le pas sur l’histoire en elle-même. C’est trop immersif, on bouffe trop d’informations d’un seul coup et c’est dommage.

  L’auteur a pris le parti d’écrire au passé simple. C’est assez délicat, j’y vais parfois à rebrousse poils, ça m’a notamment dérangé dans les passages narratifs. J’ai trouvé que ça alourdissait parfois le texte et c’est dommage. Sinon son style est très adulte et pour en tant qu’adulte je l’ai trouvé abordable. Je dois dire que la fin ne m’a pas enchanté. Quand j’ai refermé le livre je me suis dit : « Tout ça pour ça, vraiment ? » J’ai eu la confirmation de l’auteur qu’il y aura un tome 2. A voir si je le lirai, pour l’instant ce n’est pas dans mes priorités. A vous de voir si vous souhaitez rentrer dans cette hyper-connexion… vous en ressortirez peut-être fou !

Ma note : 6,5/10.

Merci à François Belley pour ce partenariat !

lundi 8 août 2016

Chronique : À la place du cœur - Saison 1 d'Arnaud Cathrine


À la place du cœur – Saison 1 d’Arnaud Cathrine.
(Genre : Contemporain, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 16€ (Partenariat)
Date de parution originale : 1er septembre 2016

  Résumé :
Six jours dans la peau de Caumes qui vit son premier amour.
Six jours de janvier 2015 ou la France bascule dans l’effroi.


  LIVRE COUP DE CŒUR ! Je tiens d’abord à remercier la Collection R et son directeur de publication Glenn Tavennec. Un homme ayant un talent évident pour dénicher de belles pépites : « À la place du cœur » en est une assurément. La couverture brodée main est superbe, elle ne manquera pas d’attirer le regard sur les étals des librairies. Cela change énormément des images avec des visages et ça fait du bien. Le résumé rendra curieux quiconque le lira. Je n’ai pas voulu vous en mettre plus. Avoir la surprise de l’histoire est encore mieux ! Au final, cette 1ère saison est une excellente découverte et j’ai adoré ma lecture.

« Je ne sais pas ce qui va arriver mais c’est le plus beau jour de ma vie. Tout simplement parce que je suis prêt à le vivre », page 21.

  Dès le début, l’auteur nous plonge au cœur d’un groupe de lycéens. Une soirée pour un anniversaire, celui de Caumes, notre protagoniste. Un 1er chapitre permettant de présenter les personnages et de montrer leurs liens. On est au centre d’une mixité sociale, de culture et de manières de penser. Il y a ce petit quelque chose en plus qui fait la différence. Qui nous pousse à continuer sans vraiment savoir si ce qu’on lira nous plaira à 100%. Pourtant, tout est réuni dès le début et Arnaud Cathrine amène très vite les rebondissements nécessaires pour faire avancer son histoire.

« Allez, dis-le que tu chies sur ces putains d’arabes qui mettent le pays à feu et à sang, dis-le que tu les foutrais bien tous dehors, dis-le que la race blanche est menacée, crache ton venin, d’habitude tu ne te fais pas prier », page 75.

  J’ai de suite apprécié Caumes, sa manière de penser et d’aborder les choses. Mais je préviens qu’il peut ne pas plaire à tout le monde. Il est parfois vulgaire et il ne lésine pas sur les mots déplacés. Pourtant si on peut être surpris au départ, on se rend compte que ce langage colle au personnage. L’auteur a voulu nous le rendre plus réaliste et ça marche. Caumes est réfléchi, essayant de faire la part des choses dans les situations difficiles. Un jeune homme voulant profiter de la vie sans pouvoir y parvenir pleinement. Le voir avec sa famille, ses amis et sa chérie, permet d’avoir une vue d’ensemble et de mieux l’aborder. Viennent ensuite d’autres personnages : Esther, Théo, Hakim, Kévin et les parents de Caumes. Tous sont placés dans l’histoire pour aborder un pan culturel, social ou psychologique de la société. Et c’est magnifiquement fait !

« Ce que l’histoire nous apprend, au fond, c’est qu’il n’y a pas un enseignement à tirer une bonne fois pour toutes mais des enseignements à tirer au jour le jour », page 143.

  Le rythme du roman est parfait. Le fait de suivre Caumes et son groupe pendant 6 jours apporte une cadence au récit. On sait où on en est, à quelle date se passe tel événement, et c’est bien amené. Ensuite, les chapitres ne sont pas longs et apportent de la fluidité au récit. Arnaud Cathrine amène en plus de l’originalité à l’histoire pour que la lecture se fasse encore plus rapide : certains chapitres ne sont que des dialogues, d’autres sont représentés en conversations Facebook et il y a aussi des phrases chocs. Les dialogues normaux et les réflexions de Caumes sont justement dosés pour amener un réel intérêt du lecteur.

« J’ai honte. Voilà la vérité. Et la honte ne date pas d’aujourd’hui. J’ai honte depuis mercredi matin. Honte d’être amoureux. Honte d'être tout à mon obsession et de n’être pas totalement assailli […] par la sauvagerie qui paralyse mon pays. Impression de ne pas avoir le droit de vivre ça. Est-ce ma faute si le pire et le meilleur sont survenus au même moment ? », pages 170-171.

 Le thème traité est forcément délicat. Parler de l’attentat du 7 janvier 2015 et y amener parallèlement une histoire d’amour naissante… ça avait tout pour être casse gueule. Pourtant, Arnaud Cathrine réussit son pari haut la main. On est immergé dans la vie de Caumes et on voit au fil des heures, au fil des jours, les répercussions que peut avoir cet événement tragique sur sa vie. L’auteur crée une ambivalence entre l’horreur et l’accès au bonheur. Et puis tous les thèmes abordés font réfléchir : l’actualité encore et toujours, les religions, la radicalisation, l’amour, la famille, les opinions de chacun, les a priori et les amalgames. Un roman permettant de se remettre en question soi-même… je vous le garantis !

« J’ai dix-sept ans, la vie devant moi et de la mort partout. Une saloperie d’équation à résoudre », page 242.

  Enfin le style d’Arnaud Cathrine en déroutera plus d’un. J’ai adoré cette écriture percutante, vive, incisive, qui prend aux tripes et qui ne vous lâche plus jusqu’à la dernière ligne. Ça remet en place, ça met une claque et ça permet au lecteur de se rendre compte de la gravité des choses. L’auteur joue avec les mots et le fait avec brio. Les 50 dernières pages prennent à la gorge et on ressort de cette lecture retourné. Il y a des twists qu’on ne voit pas venir et c’est bien trouvé. Que vous dire à part de noter la date du 1er septembre sur vos agendas ! Un livre à lire de toute urgence, à mettre entre toutes les mains… des ados comme des adultes. Je suis content d’avoir pu lire ce livre et d’avoir eu un coup de cœur pour un auteur français. Vivement la saison 2 !

Ma note : 9,5/10.

Merci à Glenn Tavennec et à la Collection R pour ce partenariat !

dimanche 7 août 2016

Chronique : Commençons par l'éternité - Tome 1 de Camille Revlann


Commençons par l’éternité – Tome 1 de Camille Revlann.
(Genre : Romance érotique).

Editions : Publishroom
Prix : 2,99€ (Partenariat)
Date de parution originale : 7 juin 2016

  Résumé : Calie, une jeune femme exubérante et sexy, vit un amour passionné avec Terry. Tout leur sourit. Jusqu’au jour où les obligations professionnelles de Terry vont faire basculer la vie des deux amants. Maxime, le meilleur ami de cette dernière, va l’aider à faire face à ses démons. Calie va-t-elle supporter la situation ?


  Quand l’auteure m’a proposé son roman, je dois dire qu’elle m’a tenté. J’avoue que la couverture n’a pas joué en la faveur du livre. Trop explicite, ne reflétant absolument pas l’ensemble du bouquin. C’est dommage parce que c’est limite provocateur. Le résumé lui, m’a bien plu. J’ai donc eu envie de découvrir le récit pour laisser une chance à Camille Revlann. Au final le roman s’avère être décevant. Je n’ai pas trouvé en cette lecture ce que j’y avais cherché. De plus, le livre possède plusieurs gros défauts.

  Le 1er chapitre avait bien commencé. L’auteure pose ses bases, raconte comment ses personnages se sont connus. Elle a une manière originale de s’adresser presque directement au lecteur à travers Calie, notre protagoniste. Le style ne m’a pas dérangé et heureusement, sinon j’aurais abandonné ma lecture. Mais… là où ça n’a pas fonctionné, c’est que dès le 2ème chapitre il y a une scène de sexe. Et on va les enchaîner, ce qui m’a assez dérangé. Je restais tout de même curieux de savoir la suite.

 En repensant à ma lecture, je ne me suis pas tant que ça attaché aux personnages. Calie est sympathique et on la suit avec plaisir. Il en est de même avec Terry, Maxime et les autres. Cependant, l’auteure ne prend pas le temps d’approfondir ses personnages. Comme j’aurais aimé en apprendre plus sur leur passé respectif. Alors oui, Camille Revlann dévoile les rencontres des amis et des amants. Mais ça s’arrête là. Des souvenirs familiaux, quelques anecdotes bien tournées ou encore des moments clefs auraient été largement mieux. Il y a tout un contexte à créer et à revoir pour que l’histoire soit encore meilleure.

  En ce qui concerne le rythme, il est vrai qu’on ne perd pas son temps. Des scènes hots, quelques moments d’actions et une suite de roman bien plus prometteuse. Pourtant, je me suis un peu ennuyé avec ce que je lisais. Je trouvais les choses répétitives, notamment au niveau des scènes érotiques. Calie se fait effleurer et hop c’est la fiesta dans son bas ventre. Euh non, ce n’est pas super crédible. Et puis je ne sais pas, le scénario aurait pu me surprendre mais même la fin j’y avais pensé en lisant. Du coup, je ressors assez frustré et déçu de ma lecture.

  Au niveau des émotions, je n’ai pratiquement rien ressenti. Je n’ai pas été émoustillé. J’ai trouvé les scènes crues, l’auteure n’a pas assez pris le temps lors de ces moments. Ça manquait de sensualité, de jeu de séduction… tout ce que j’aime dans une bonne romance de ce style. Après il est vrai que j’ai apprécié la Calie retranchée sur elle-même. J’ai davantage ressenti des choses. Encore une fois le scénario de l’histoire se déroule vite et c’est très dommage.

  Le style de l’auteure est sympa. On sent quand même que c’est un 1er roman. Elle se cherche dans son écriture, dans sa manière de tourner les phrases, d’happer le lecteur et c’est normal. En tout cas elle a le mérite d’avoir une plume imagée. La représentation dans l’espace est importante. Bon la fin… sans plus pour moi. Je m’y attendais comme je l’ai dit plus haut et ça ne m’a pas donné envie de lire la suite. Voilà ma chronique sincère. Je sais que l’auteure a plus de succès avec les filles pour son histoire. Elle voulait avoir un avis masculin… en espérant qu’il soit positif, mais c’est raté avec moi. En tout cas, vous devez seul choisir de lire ou pas ce livre.

Ma note : 4,5/10.

Merci à Camille Revlann pour ce partenariat !