jeudi 8 septembre 2016

Chronique : Eldorado de Laurent Gaudé


Eldorado de Laurent Gaudé.
(Genre : Contemporain).

Editions : J’ai Lu
Prix : 6,10€
Date de parution originale : 2 mars 2009

  Résumé : Pour fuir leur misère et rejoindre l’ « Eldorado », les émigrants risquent leur vie sur des bateaux de fortune… avant d’être impitoyablement repoussés par les gardes-côtes, quand ils ne sont pas victimes de passeurs sans scrupules. Le commandant Piracci fait partie de ceux qui sillonnent les mers à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Mais la mort est-elle pire que le rêve brisé ? En recueillant une jeune survivante, Salvatore laisse la compassion et l’humanité l’emporter sur ses certitudes…


  Je remercie mon ami Pierre de m’avoir offert ce livre. Il avait beaucoup aimé l’ouvrage et m’avait fortement conseillé de le lire. J’étais toutefois septique de le débuter. Vous savez que j’aime le contemporain mais dans cet univers-ci, j’avais quelques appréhensions… En plus la crise des migrants est passée par là entre temps. Du coup j’avais peur de ce que pouvais faire l’auteur. La couverture est simple mais reflète parfaitement l’histoire décrite. Au final sans avoir lu le résumé et en me laissant porter, j’ai passé un très bon moment de lecture.

  L’auteur sait dès le début immerger son lecteur dans le récit. Salvatore, un des protagonistes, va tomber sur une vieille connaissance qui ne l’a pas oubliée. C’est dans ce contexte que l’auteur fait un retour en arrière pour nous expliquer la rencontre de ces deux personnes. Le lecteur est donc curieux de savoir quel lien ils peuvent entretenir. Cet aperçu, cet échange, va être le point clef du récit et à partir de là… Laurent Gaudé tisse son intrigue.

  Je ne pourrais pas dire que je me suis attaché aux personnages. J’ai eu une approche différente de ce que je peux avoir normalement avec mes autres styles de lecture. J’ai peut-être été un peu freiné par mon appréhension. En tout cas, Salvatore et Soleiman sont deux hommes sympathiques à suivre et on comprend leur galère. Il est vrai qu’on ne peut pas rester indifférent à ce qu’ils vivent et on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’on aurait fait à leur place. Salvatore comme Soleiman sont des personnages bien travaillés. Bien sûr, parler de leur passé desservirai le récit. Du coup Laurent Gaudé a pris le parti de le taire et il a bien fait. En tout cas cette double voix apporte une belle richesse au récit.

 Le rythme est intéressant. Il est vrai qu’on ne peut pas s’ennuyer avec cette histoire. Les personnages bougent sans cesse, se remettent en question constamment… et le lecteur ne peut que réfléchir à comment lui, il aurait réagi face à tout ça. Les chapitres sont courts et on alterne entre la voix de Salvatore et la voix de Soleiman. Ce duo permet de mettre en relief le côté migrant avec les passeurs et les difficultés qu’ils rencontrent et le côté force de l’ordre pour les arrêter. Des chemins parallèles qui finissent par se croiser pour au final n’en former plus qu’un.

  Ce livre a bien sûr était écrit avant la crise des migrants. Pourtant il est encore d’actualité et c’est bien dommage. Je ne sais pas si l’auteur s’est documenté, s’il a voyagé ou autre… mais le récit en est tristement réaliste. On voit les difficultés à trouver un travail dans ces pays, on voit les gens qui aspirent à avoir une vie meilleure. Et de l’autre côté les gardes côtes qui sont obligé de se plier aux règles sans jamais rien dire. Comment peut-on faire pour ne pas tendre la main une seule fois ? Comment les migrants font-ils pour se laisser berner par les passeurs ? Et oui, n’oublions pas le titre du livre : « Eldorado »…

  Le style de Laurent Gaudé est vraiment intéressant. Sa plume est descriptive et permet de bien se représenter les lieux, les ambiances, les atmosphères. On sent la chaleur sur sa peau, la fumée qui se dégage du sol, la puanteur sur les bateaux ou encore l’espoir vain des migrants. En ce qui concerne la fin, je n’ai pas été surpris. Je m’attendais à ce qu’il y ait une histoire de ce genre. Du coup je suis un peu frustré que l’auteur n’ait pas réussi son twist. Mais cela reste une belle fin. Très peu d’éléments négatifs au final mais ma note ne frôle par l’excellence. Tout simplement parce que ce n’est pas mon style de lecture à la base. Je n’ai pas eu ce petit truc en plus qui pour moi aurait fait la différence.

Ma note : 7,5/10.

lundi 5 septembre 2016

Chronique : Half Bad - Tome 3 : Quête noire de Sally Green


Half Bad – Tome 3 : Quête noire de Sally Green.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).

Editions : Milan
Prix : 16,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 25 mai 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Half Bad, Book 3 : Half Lost.

  Résumé (SPOILERS SUR LES AUTRES TOMES !) : L’Alliance des sorciers libres a été dispersée. Comme tous ses compagnons, Nathan se cache. Mais il ne renonce pas à la guerre, sa guerre. Une amulette secrète lui donnerait le pouvoir de sauver l’Alliance. Nathan part à sa recherche, au risque de s’y perdre, et de perdre tout ce qu’il aime.


  Avant de commencer ce dernier tome, j’avais des appréhensions. Le tome 1 a été un presque coup de cœur et le tome 2 une légère déception… c’est peut-être aussi pour cela que j’ai mis du temps à sortir ce tome 3. Pourtant l’histoire du sorcier Nathan me plaît énormément. Les couvertures sont toujours aussi belles. Je trouve que les éditions Milan ont fait un beau boulot au niveau du design. Pas besoin de lire le résumé quand on connait la fin du tome 2… au final, j’ai adoré ce dernier tome !

  L’auteure rentre directement dans le vif du sujet. Presque immédiatement plongé dans l’action avec un Nathan plus remonté que jamais. La vengeance est le mot qu’il a à la bouche. Se venger de personnes dont il pensait pouvoir faire confiance. Le lecteur ne va pas s’ennuyer avec ce début. Ça donne forcément envie de connaître la suite de l’histoire… pour savoir comment Nathan va évoluer et gérer ses émotions. Et partir dans une quête qui le rendra encore plus fort.

  Autant au début je n’aimais pas franchement Nathan, mais vers le milieu du roman, son évolution fait que je m’y suis attaché de nouveau. C’est un personnage qui possède une évolution incroyable. Il a su s’entourer des bonnes personnes au bon moment. Il a su se remettre en question et accepter le fait que la vengeance personnelle n’est pas forcément l’ultime recours. Nathan peut paraître hautain et prétentieux par moment, mais le pouvoir peut monter à la tête. Gabriel et bien d’autres lui feront comprendre qu’il n’est pas intouchable. D’ailleurs Gabriel est un personnage qui fait du bien. Je n’en dirais pas plus mais il faut le découvrir. Vient ensuite une multitude d’autres personnages qu’il faut aborder… les bons comme les mauvais.

  Le rythme est très intéressant. L’auteure a très bien su jouer avec ses personnages, son intrigue, l’agencement de son récit et sa construction. Il n’y a pas un temps mort, Sally Green fait avancer ses personnages à la bonne allure et chaque étape est primordiale. Les batailles, les remises en questions, les moments plus calmes ou encore les découvertes de l’univers… c’est habilement mené. Il peut parfois y avoir un peu trop de narration. Des fois on aimerait que ça aille un peu plus vite avec un petit dialogue. Mais sinon rien à redire. Surtout que les chapitres ne sont pas très longs.

  L’univers mis en place par Sally Green est très intéressant. Le concept de sorciers blancs, noirs, sang-mêlé ou de personne n’ayant aucune capacité… c’est bien exploité. On a le camp des « gentils » et celui des « méchants ». Cela est très basique dans le déroulé de l’intrigue mais ça marche bien. La quête de Nathan est toute trouvée, se faire accepter comme les autres tels qu’ils sont. L’auteur met en place des stratégies, des camps de base, développe des pouvoirs sur certains personnages et approfondi encore un peu plus son univers. On sent qu’elle le connait à la perfection et c’est top. D’ailleurs j’y serai bien resté un peu plus…

  La plume de Sally Green est très particulière. Je ne sais pas si en version originale c’est la même chose, mais elle a cette capacité à rendre un texte dynamique avec des phrases courtes. Il y a des fois où le roman devient addictif tellement le style est prenant et captivant. Une écriture brute et incisive qui met en relief un univers dur où seuls les plus forts survivent. La fin m’a totalement achevé… je me suis demandé comment l’auteure avait pu me faire ça ! J’ai même versé ma petite larme c’est pour vous dire. Et je pleure rarement pour un roman fantastique. Mais là j’étais obligé, vraiment. Je ne peux que vous conseiller cette série malgré que le tome 2 reste pour moi un peu en dessous. « Half Bad » est une bonne trilogie sur les sorciers. Elle sort des sentiers battus et l’auteure réussit à y apporter son originalité !

Ma note : 8,5/10.

Merci à Elodie et aux éditions Milan pour ce partenariat !