mercredi 5 octobre 2016

Chronique : The Graces - Tome 1 de Laure Eve


The Graces – Tome 1 de Laure Eve.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).

Editions : Hachette
Prix : 18€ (Partenariat)
Date de parution française : 14 septembre 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : The Graces, Book 1.

  Résumé : Tout le monde aime la famille Grace. A 17 ans, Fenrin est un demi-dieu : crinière blonde, corps parfait, regard magnétique. Impossible de le voir sans tomber raide dingue de lui. Cent fois copiée, jamais égalée, Thalia, sa jumelle, a le don d’ensorceler tous ceux qui croisent sa route. Quant à Summer, la benjamine, elle est la seule à afficher sa part d’ombre. La seule à jouer les sorcières, comme pour mieux entretenir leur aura de mystère. Ces trois-là n’ont besoin de personne. Ou plutôt, ils attendent quelqu’un. Une fille totalement spéciale, absolument différente : moi.


  « Black Moon » est une collection qui m’a toujours plu. De nombreuses sagas se trouvent dans ma bibliothèque avec des séries à succès. Quand j’ai contemplé la magnifique couverture de « The Graces », je n’ai pas pu m’empêcher d’être curieux. Quand on me parle de magie, de secrets, de mystères… je ne peux qu’être tenté. Et puis le fantastique c’est le genre qui m’a fait renouer avec la lecture. Au final, je pense que je vais trouver pas mal de défauts à ce bouquin… mais je l’ai adoré !

  L’auteure pose les bases de son récit dès le départ. Elle ne perd pas de temps et présente les enfants de la famille Grace… tout comme notre protagoniste River. Laure Eve met directement le lecteur dans l’ambiance. Cette aura de mystère autour des Grace, de qui ils sont et de ce qu’ils font. Et la détermination de River à devenir l’une des leur pousse le lecteur à continuer sa lecture. Comment va-t-elle s’y prendre ? Y arrivera-t-elle ?

  J’avoue que les personnages sont un peu clichés littérature américaine. La fille un peu paumée et solitaire qui va tomber sur la bonne personne au bon moment. Les Grace représentent le groupe inaccessible avec lequel personne ne reste ami bien longtemps. Même si les choses sont faites de manière maladroite, je me suis pris au jeu. J’ai adoré l’objectif de River et sa façon d’abattre ses cartes. J’ai aussi apprécié Summer, Fenrin et Thalia. Trois personnages ultra différents mais si complémentaires. Summer pour sa franchise, Thalia pour sa discrétion et Fenrin pour sa prestance. Là où l’auteure est forte c’est qu’elle alimente le mystère, l’envoûtement, la curiosité du lecteur. Il est fort probable que vous ayez envie de taper sur un personnage. Pourtant, vous lisez avec passion.

  Le point négatif pour ma part c’est le rythme de l’histoire. Alors oui ça se lit extrêmement vite. Les chapitres sont courts et apportent de la fluidité au récit. On se pose aussi beaucoup de questions sur la magie, si les Grace sont des sorciers ou pas, sur la famille de River et sur le pourquoi de ses agissements. Mais quand on y regarde bien… il ne se passe rien de vraiment significatif. Quelques petits sorts par-ci par-là, sans même savoir si ça a un impact. Une ou deux révélations lâchées pour ne pas perdre le lecteur en route… c’est dommage que seule la fin soit un fait marquant de l’histoire.

  Que dire sur l’univers… qu’il est fait de bric et de broc. Peut-être, je ne sais pas. On n’a aucune confirmation sur rien. Même s’il y a des choses expliquées sur les différents types de sorciers ou encore sur les habitudes des Grace, rien n’est dit concrètement. On doute sur tout et sur tout le monde. Sur les capacités de chacun et sur le rôle que chacun joue. Et c’est là où l’auteure est forte. Parce qu’en alimentant ces doutes, ces mystères, ces secrets et ces non-dits… je me suis dit qu’il fallait absolument que je sache. On est pris dans les mailles du filet et comme River, on entre dans un monde qui nous émerveille… et nous effraie à la fois.

  La plume de Laure Eve est assez particulière. Dans un sens c’est de la littérature pour ado, du coup le style est assez simple. Mais d’un autre côté, le style vous charme et vous transporte dans le bouquin. On se représente bien les scènes, les paysages, les personnages. Personnellement avec cette fin… j’ai vraiment hâte de lire la suite. De savoir si l’auteure a une vraie ligne directrice dans ce qu’elle écrit. J’attends aussi plus d’actions, de magie, de sorts et de révélations. Au final vous l’avez vu, mon avis est en dent de scie. Pourtant, je vous conseille de le lire, rien que pour vous faire votre propre avis. Et vous verrez qu’il est difficile de lâcher le livre avant de l’avoir terminé !

Ma note : 7,5/10.

Merci à Marie et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

La Kube : Une box littéraire pas comme les autres !


Il y a maintenant 3 semaines, j'ai été contacté par les créateurs de la Kube. Ils m'ont gentiment proposé un partenariat afin de tester la box pour vous la présenter. J'ai accepté parce que je trouvais le concept novateur. De plus dans mon expérience de lecteur, je n'avais jamais reçu de box... l'occasion était donc toute trouvée !

Ce que j'ai trouvé excellent avec la Kube, c'est qu'on peut choisir quel genre de livre on aimerait lire. Que ce soit de la romance, de la littérature classique, du young-adult, de l'historique... tous les genres possibles et imaginables. On peut même mettre une petite phrase pour préciser un contexte. Ou bien ajouter des livres qu'on a déjà lu sur le thème choisi. La rigueur est importante pour que le libraire puisse par derrière choisir LE livre parfait.

Ce qui m'a paru intéressant, c'est que lorsqu'on a fait le choix d'un genre, on est sûr d'être guidé. On peut choisir de confier son envie à un libraire en particulier. Ou alors de laisser le hasard décider. Une fois que le libraire en question a choisi notre livre, on est libre ou pas de confirmer son choix. Et ça c'est TOP pour éviter les doublons ! Surtout pour les gros lecteurs comme moi !!


Personnellement, j'ai orienté mon choix sur un genre particulier : l'historique. J'ai toutefois précisé que je voulais un roman se déroulant pendant la 1ère ou la 2nde Guerre Mondiale. Et en pointilleux que je suis, je voulais une histoire avec une alternance entre le présent et le passé. Vous savez, quand un personnage du présent découvre un objet ou autre et qu'il va entreprendre une quête le ramenant des années auparavant. Le livre que j'avais cité comme exemple est "Elle s'appelait Sarah" de Tatiana de Rosnay. Alors, est-ce que le libraire a bien choisi selon vous ?


Et bien oui et en plus du premier coup ! Voilà le résumé du livre "Le violoniste" de Mechtild Borrmann : "Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilia Grenko quitte la salle de concert sous un tonnerre d'applaudissements, son Stradivarius à la main, il est arrêté par le KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilia signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil. Et son violon, d'une valeur inestimable, disparaît à jamais. Deux générations plus tard, Sacha, le petit-fils d'Ilia, se met en quête du Stradivarius et découvre l'histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine."

Même si l'histoire ne se passe pas vraiment dans la 1ère ou 2nde Guerre Mondiale, l'alternance des temporalités est présente. De plus, le régime soviétique est intéressant d'un point de vue historique. Du coup j'ai vraiment hâte de le lire ! Comme vous le voyez sur la photo, le livre est accompagné d'un marque-page à l'effigie de la Kube... magnifique !

Mais dans la box, d'autres surprises m'attendaient bien sagement ;)

  

Tout d'abord un très bel agenda avec un effet livre relié accompagné de son crayon. Puis un carnet d'émotions afin "d'exprimer, conserver ou simplement partager des sensations. Leur vocation d'origine est d'être glissée dans un livre pour y repérer les moments les plus forts, mais leur usage peut être détourné." Un thé à la cannelle, à l'amande et aux écorces d'orange était présent dans la box... je l'ai déjà bientôt fini tellement il est bon ! Surtout que c'est un véritable thé, pas un vulgaire sachet. Enfin une petite carte avec la préface Kube et un extrait d'un livre sur le bois. Les deux derniers objets ne m'intéressent pas vraiment... je crois que c'est le seul point négatif de cette box.

Au final pour 15€ par mois, je trouve que le contenu est très rentable niveau qualité-prix. Je remercie encore les fondateurs de la Kube (Samuel, Aurore et Anthony). Merci de votre confiance et merci d'avoir créé un concept assez original pour donner envie de lire ! Parce que cette box est aussi un moyen de promouvoir la culture.

Pour plus de renseignements, direction le site : www.lakube.com

lundi 3 octobre 2016

Chronique : Camille, mon envolée de Sophie Daull


Camille, mon envolée de Sophie Daull.
(Genre : Témoignage).

Editions : Le livre de poche
Prix : 6,60€
Date de parution originale : 24 août 2016

  Résumé : Camille, 16 ans, a été emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante. Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, Sophie Daull a commencé à écrire. Ecrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent. Ecrire pour rester debout, vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, endiguer le raz de marée des pensées menaçantes. Loin de l’épanchement d’une mère endeuillée, Camille, mon envolée est le récit d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie.


  Cette chronique va être difficile à faire. J’ai acheté ce livre il y a un peu plus d’une semaine sur un coup de tête. J’ai lu le résumé et le 1er chapitre, les mots de cette mère m’ont embarqué… et j’ai voulu en découvrir plus sur son histoire familiale. J’avoue aussi que la couverture m’a happée et qu’elle représente bien le roman. Je ne lis pas souvent de témoignage. Pourtant ici, cela m’a paru être une évidence. Une lecture bouleversante que je ne regrette pas d’avoir fait.

  Sophie Daull, la mère de Camille, attaque son récit et vous retourne directement le cœur. L’auteure ne mâche pas ses mots et rentre dans le vif du sujet. C’est ce que j’ai apprécié avec ce récit. On dit les choses et on les dit franchement. Pas de besoin de broder, d’ajouter du superflu… de toute façon les témoignages n’en ont pas besoin. Malgré cette brutalité de départ, j’ai eu envie de savoir comment, pourquoi, Camille est décédée. Cela peut paraitre déplacé voir malsain, mais on ne peut qu’être curieux de connaître la suite des événements.

  Comment ne pas s’attacher aux personnages de ce récit réaliste. Bien que Camille ne soit pas présente physiquement dans le récit, on ne peut que s’attacher à cet ange parti trop tôt. Une adolescente qui n’a pas eu le temps de vivre pleinement sa vie, ses amours, ses amitiés et de profiter comme il se doit de ses proches. On s’attache forcément à la maman, narratrice de l’histoire. Mais aussi au papa et aux personnes présentes pour les soutenir. On ne peut pas imaginer à quel point la perte d’un enfant peut faire souffrir. Surtout de cette manière brutale et soudaine. Le lecteur se place de manière extérieure et en même temps, il est au cœur du récit. Se plaçant derrière les parents de Camille, comme une main qu’il tendrait en signe de réconfort.

  Comme je l’ai dit plus haut, l’auteure n’y va pas par 4 chemins et retrace la vie de Camille avant son décès. Quelques jours avant sa mort et une dizaine de jours après. Sophie Daull alterne également entre le présent et le passé : le moment où elle écrit pour se souvenir puis, le passé avec sa fille. C’est un choix narratif intelligent qui permet de lire vite… tout comme les chapitres courts. Le lecteur se pose évidemment plein de questions sur le décès de Camille. Il voit également l’évolution de ses parents lors des phases dans le présent.

  Le livre est un concentré d’émotions brutes, incisives, percutantes. Le lecteur est en colère, triste, dubitatif, choqué, plein de doutes et d’espoir. La lecture ne sera pas facile, soyez en sûr. Sophie Daull aborde le thème du deuil d’une bonne manière en faisant de ce livre quelque chose de non larmoyant. On aimerait refaire le monde, on se pose inévitablement des questions qui commencent par « et si ? »… mais on compatie, sans vraiment savoir si on fond de nous, on aurait réagit avec autant de force et de sagesse. En tout cas c’est un livre qui fait réfléchir sur nos propres comportements.


  Le style d’écriture de Sophie Daull vous prend à la gorge, vous fait tomber dans un tourbillon de sentiments qui vous perturbe. C’est tellement fort qu’on est obligé à un moment donné de se protéger contre cette tristesse. L’auteure n’hésite pas à insister sur des points, à faire des phrases courtes et percutantes. Le style peut paraître décousu et dérangeant mais c’est ce qui fait la force du roman. En tout cas si vous avez l’habitude de lire des témoignages, celui-ci saura vous donner ce qu’il a dans son cœur… de la colère, de l’espoir et même beaucoup d’amour.