vendredi 28 octobre 2016

Chronique : L'éveil - Stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu


L’éveil – Stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu.
(Genre : Science-fiction).

Editions : Gulf Stream
Prix : 16,50€ (Partenariat)
Date de parution originale : 22 septembre 2016

  Résumé : Un mystérieux virus semble développer prodigieusement l’intelligence des animaux. A travers le monde, l’épizootie se propage rapidement dans les villes, les élevages, les forêts, affolant les biologistes, les amis des animaux… et les compagnies agroalimentaires. Et si le rapport de force entre les animaux et les hommes s’inversait ? Et si les bêtes décidaient de lutter pour sauver leur peau et leur liberté ?


  Le tome 1 de « L’éveil » est un livre dont je n’avais jamais entendu parler. Heureusement que je fais partie du club de lecture des marmottes à bigoudis de l’auteure Marie Pavlenko. Elle nous a proposé ce livre, on a accepté… et on a bien fait. La couverture est sympathique. Quand on connait l’histoire on voit les différents éléments et leurs liens. Le résumé était prometteur et j’avais hâte de voir comment l’auteur allait manier son récit. Au final, j’ai passé un excellent moment de lecture !

  Jean-Baptiste de Panafieu nous plonge directement au cœur de son intrigue. On fait la rencontre de Laura, jeune chercheuse qui fait des expériences sur des souris. Son dada… l’amélioration des capacités cérébrales des animaux. Ainsi, les souris peuvent plus facilement repérer un chemin qu’elles ont déjà pris par exemple. Tout par de là… de cette souris atteinte du virus, de son échappée dans la ville et de sa mort par d’autres animaux. On est curieux de voir comment ce virus est transmis. Quelles sont ses conséquences et comment les humains vont gérer la chose.

  Dans le livre il n’y a pas un personnage clef mais plusieurs. On tourne autour de 3-4 personnages principaux. Mais il faut également ajouter les animaux qui « s’éveille » à cause du virus. Il y a donc Laura, Gabriel, Clément et Alya mais aussi un chat, un chien, un perroquet et une corneille. Je ne vous cite que les personnages centraux mais d’autres interagissent… que ce soient des humains ou des animaux. Je trouve que même si les personnages ne sont pas attachants, on s’intéresse à eux. On n’est pas perdu, on sait qui est qui et quel rôle il a à jouer. L’utilisation de ces personnages rend le roman plus riche et plus complet.

  Je dois dire que le rythme est dingue. Le roman est court mais c’est écrit assez petit. Les chapitres sont un peu longuets mais il y a des respirations. Du coup, on peut arrêter sa lecture bien plus vite. Franchement vous n’aurez pas envie d’arrêter ! Au début vous êtes curieux de voir les effets du virus sur les animaux. L’auteur en plus raconte les phases d’éveil du point de vue de ces derniers (très bien fait et super intéressant !). Et plus on avance et plus les conséquences, les risques, les enjeux sont importants. On veut voir comment les personnages réussissent à gérer le virus. L’alternance des points de vue et la narration à la 3ème personne apportent à l’intrigue un renouveau constant.

  Là où Jean-Baptiste de Panafieu est fort, c’est qu’il arrive à travers un roman de fiction à nous interroger. Parce que si cela arrivait vraiment, comment réagirions-nous ? Accepterions-nous que les animaux aient des droits comme les humains ? Voudrions-nous trouver un antidote au virus ? Comment gérer cette pandémie extraordinaire mais aussi terrifiante ? Si les chiens et les chats sont des animaux gentils naturellement, qu’en est-il une fois éveillée ? Et ce n’est que le début d’une série de questions toutes aussi existentielles les unes que les autres. J’ai été à la fois émerveillé et terrifié lors de ma lecture.

  La plume de l’auteur est efficace, entraînante et divertissante malgré le sujet abordé. Un style fluide qui permet au lecteur de visualiser les animaux, les humains, le stade de l’éveil. Et puis je me suis demandé si l’auteur n’était pas chercheur lui-même. Je trouve que le roman est extrêmement bien documenté et ça paraît encore plus vrai que nature. En tout cas, une chose est sûre, je lirai la suite ! J’ai envie de savoir comment les choses vont tourner. Comment les personnages vont s’en sortir… et les animaux bien sûr ! En bref, je vous recommande ce roman original, addictif et qui permet au lecteur de se poser pas mal de question sur la sensibilité des animaux.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Babelio et à Gulf Stream pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.

dimanche 23 octobre 2016

Chronique : Le syndrome du papillon de Maxence Fermine


Le syndrome du papillon de Maxence Fermine.
(Genre : Contemporain, Jeunesse).

Editions : Michel Lafon
Prix : 16,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 13 octobre 2016

  Résumé : Hugo Mars, 17 ans, n’est pas un garçon comme les autres. Atteint d’un mal étrange, le syndrome du papillon, il est interné en hôpital psychiatrique. Mais la vie est parfois surprenante. Car c’est là qu’il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille gothique et lunaire qui ne s’intéresse qu’aux génies. Hugo tombe aussitôt sous son charme. Jusqu’à ce que la jeune fille disparaisse…


  Ayant adoré « Le palais des ombres » du même auteur (ma chronique), j’avais envie de voir ce qu’il pouvait faire dans un genre plus jeunesse. « Le syndrome du papillon » avait tout pour me plaire. Une couverture magnifique avec une belle jeune femme et ses yeux désarmants… un résumé tentant par son originalité et ses thèmes abordés. J’ai commencé le livre confiant mais j’ai peu à peu déchanté. Le nouvel ouvrage de Maxence Fermine est pour moi une grosse déception.

  Pourtant on est vite propulsé dans l’histoire. On fait la rencontre d’Hugo à Graceland (comprenez l’hôpital psychiatrique) et il nous éclaire sur sa situation. Comment et pourquoi il a été interné. Morgane fait aussi rapidement son apparition. J’ai été tenté de voir comment leur relation allait évoluer. Comment ils allaient réussir à s’en sortir et si c’était possible. Du coup en grand curieux que je suis j’ai continué ma lecture en pensant que l’auteur avait largement le temps de développer son histoire.

  Là où le bas blesse c’est que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Que ce soit Hugo, notre narrateur ou Morgane… je ne me suis pas senti concerné ou même touché par ce qui leur arrivait. Certes 2-3 situations font sourire et le lecteur est content pour eux, mais c’est tout. Je ne sais pas comment expliquer à quel point Hugo m’a souvent exaspéré. Il est grossier, utilise des gros mots, se veut taquin mais pas de la meilleure des façons. Il est aussi égoïste et ne pense pas que ses actes peuvent blesser les personnes qui l’entourent. C’est un personnage à peine travaillé qui mériterait une paire de claques. Morgane est davantage sympathique par son côté mystérieux et franc. La placer en tant que narratrice aurait je pense été plus louable pour le récit.

  Si l’histoire se lit vite et bien, et que les chapitres ne sont pas longs : il ne se passe pas grand-chose. On suit les personnages à Graceland avec leur maladie, on en apprend un peu sur eux et sur leur vie. Et on attend désespérément le moment où Morgane va disparaître. Un événement qui survient bien trop tard dans le récit. Maxence Fermine développe une intrigue plate qui mène le lecteur « dans le mur ». Pas de rebondissement, pas de révélation, juste des situations mises les unes à la suite des autres. Le roman est juste linéaire au possible et c’est bien dommage.

  Le thème développé par l’auteur, c’est ce que j’ai le plus apprécié. J’en ai appris plus sur les malades d’Asperger et j’ai enfin compris ce qu’était le syndrome du papillon. Tout est bien expliqué, les novices comme moi réussissent parfaitement à comprendre les tenants et les aboutissants. Je regrette juste que ce thème ne soit pas plus central dans le récit. Ce que j’ai au contraire détesté c’est la caricature de la société actuelle dépeinte par l’auteur. J’ai eu l’impression que Maxence Fermine blâmait tout ce qu’il n’aimait pas à travers Hugo. Ça m’a assez surpris et déstabilisé.

  La plume de l’auteur aurait pu être incroyable. Dans « Le palais des ombres » son style est mystérieux, limite poétique et assez original. Ici, j’ai eu l’impression qu’il se rabaissait aux jeunes en employant des termes familiers et grossiers par moment. Comme si les ados ne pouvaient pas comprendre un langage correct. Comme s’il fallait à tous prix coller au genre pour satisfaire la demande. C’est bien dommage parce que s’il avait pris le contrepied, le roman aurait été meilleur. La fin donne un certain espoir pour la suite de la vie d’Hugo. Mais quand j’ai tourné la dernière page je me suis dit : « tout ça pour ça, vraiment ? » Personnellement je ne recommanderais pas ce livre de Maxence Fermine. Ses autres ouvrages doivent être bien mieux. Seul le sujet de la maladie est bien abordé et je suis frustré que l’ensemble n’ait pas fonctionné.

Ma note : 4,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.