mercredi 16 novembre 2016

Chronique : Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent


Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent.
(Genre : Contemporain).

Editions : Au Diable Vauvert
Prix : 17€
Date de parution originale : 2 mai 2016

  Résumé : Comment, au fil de hasards qui n’en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s’embarquer pour un joyeux road-trip en corbillard, à la recherche d’un improbable dénouement…


  J’ai pu lire ce livre grâce à Youboox et à leur prix du livre numérique. Je pense que sans eux, je serais passé à côté d’une belle pépite. Jean-Paul Didierlaurent est aussi l’auteur du livre « Le liseur du 6h27 ». Et je pense que je me pencherai sur cet ouvrage en 2017. Alors vous allez me dire que la couverture de « Le reste de leur vie » ne paie pas de mine. Oui c’est vrai, mais il faut dépasser cet a priori. J’ai littéralement dévoré cet ouvrage qui est au final passé à un cheveu du coup de cœur !

  L’auteur commence dès le début par présenter ses personnages. D’Ambroise à Manelle, il évoque leur quotidien dans leur travail respectif mais aussi dans leur vie privée. Une alternance dans les points de vue bienvenue puisqu’elle permet au lecteur de bien les identifier. Je me suis vite pris dans le récit, à tourner les pages et à être curieux de savoir… comment les deux personnages allaient bien pouvoir se rencontrer.

  Je me suis beaucoup attaché aux personnages. A Manelle et Ambroise mais aussi à Beth et Samuel. Ambroise le thanatopracteur est pris par son métier tous les jours. Une véritable vocation et passion. J’ai adoré ce personnage et son goût pour le travail bien fait. Sa minutie, son contact avec les familles des défunts, sa manière d’aborder les choses, son professionnalisme aussi. Cet homme m’a aussi beaucoup plus de par sa relation avec sa grand-mère. Attentif à elle mais pas surprotecteur. D’ailleurs Beth est un personnage coup de cœur qui m’a fait mourir de rire pendant ma lecture. De l’autre côté on a Manelle, aussi passionnée par son métier. Sa débrouillardise, sa sociabilité et ses habitudes affectueuses avec les personnes dont elles s’occupent m’ont plu. Comment deux personnes que tout oppose vont-elles bien pouvoir se rencontrer ?

 J’en viens au seul bémol du livre. Je trouve que l’auteur prend trop de temps pour que les personnages en viennent à se rencontrer. Peut-être aurait-il fallu couper un peu dans le vif au début. Développer d’autres points quand ils sont tous les deux. Un détail qui m’a à peine dérangé. Sinon les chapitres sont courts et se lisent vite grâce à l’alternance des points de vue. On est entraîné dans l’histoire d’une manière simple et désarmante. On se sent concerné et touché. On se met à la place des personnages et on essaie de voir comment on aurait réagi à leur place. En tout cas vous n’arrêterez pas de tourner les pages… c’est moi qui vous le dis !

  Plusieurs thèmes sont abordés dans ce roman : la mort (et oui ça arrive), l’amour, la vie et les deux métiers que font Ambroise et Manelle (thanatopracteur et aide à domicile). On apprend des choses dans le métier d’Ambroise. L’auteur a suivi un thanatopracteur pour l’écriture du roman. Du coup ça donne du réalisme au récit et un réel intérêt. J’apprécie le fait que l’auteur voit son roman comme le fil de la vie. Un fil pas tout à fait droit, fait de rencontres, de hasards et parfois d’un peu de chance. Un autre sujet majeur est abordé… mais je ne peux pas vous en parler. Je gâcherai le plaisir de votre lecture.

  L’écriture de Jean-Paul Didierlaurent est incroyable. Tout au long du roman je me suis fait cette réflexion : « le style est d’une fluidité déconcertante ! » Ça m’a surpris totalement mais dans le bon sens du terme. Sa plume possède un goût de reviens-y et on en redemande sans cesse. Combien de fois je me suis retenu de rire dans le métro (bon des fois je n’ai pas pu m’en empêcher), j’ai même eu une larme à l’œil. C’est empreint d’émotions, de bon sens et d’intelligence. Et j’ai adoré la fin ! Je n’ai qu’une chose à dire : lisez ce livre ! Il en vaut la peine et en plus… c’est un auteur français. Je ne peux donc que vous recommander cet ouvrage.

Ma note : 9/10.

Merci à Youboox pour ce partenariat !

mardi 15 novembre 2016

Chronique : Chère Alice de Cécilia Dutter


Chère Alice de Cécilia Dutter.
(Genre : Contemporain, Epistolaire).

Editions : Milady
Prix : 5,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 21 octobre 2016

  Résumé : Quand Alexandre rencontre Alice, il ne peut s’empêcher de lui écrire le désir qu’elle lui inspire. Mais celle sur laquelle il a jeté son dévolu n’envisage pas de vivre une relation adultère, et encore moins avec le mari de sa meilleure amie. D’ailleurs, pourquoi cette femme parfaitement épanouie dans son couple s’encombrerait-elle de cet homme de vingt ans son aîné ? Alexandre ne se laisse désarçonner ni par les réponses assassines, ni par l’ironie mordante de sa correspondante. Troublée par sa persévérance, Alice va finir par lui révéler les arcanes du désir féminin. Mais le désir qui naît entre eux n’est-il pas condamné à rester inassouvi ?


  Je ne lis pas beaucoup de romans épistolaires, pourtant c’est un fait : j’adore ça. Quand j’ai eu l’opportunité de lire « Chère Alice », je n’ai pas hésité une seule seconde. Le résumé m’avait tenté tout comme la couverture. Au demeurant simple mais qui attire le regard. Que vous dire à part que j’aurais pu adorer mais que je m’attendais à y trouver autre chose. Une bonne lecture teintée de quelques défauts.

  Dès le départ j’étais vraiment à fond dans ces échanges de lettres. La façon qu’a Alexandre d’écrire à Alice m’a retourné, renversé… si j’avais été une femme, j’aurais de suite craqué pour sa plume. C’est ce qui m’a poussé à continuer ma lecture. Surtout avec les lettres sèches d’Alice, qui ne mâche pas ses mots pour rembarrer ce gars un peu trop entreprenant… même de façon épistolaire. Ma curiosité n’a pas résisté à cette envie de lire. Et de savoir comment Alice et Alexandre allaient finalement s’apprécier.

  Alexandre est un personnage auquel je me suis attaché. Par sa persévérance, sa facilité d’écriture, son ton parfois un peu pompeux mais qui fait tout son charme. Sa manière d’aborder Alice et de lui soumettre ses envies les plus inavouables. Même malgré son âge, je pense que j’aurais pu apprécier Alexandre en tant qu’ami. Alice m’a plu par son côté franche et directe, par sa façon de remettre en place Alexandre. Peut-être ai-je vu en elle des qualités que je ne possède pas… Même si elle peut paraître froide, c’est ce contraste entre les deux personnages qui m’a plu. Pourtant même si leur relation évolue, je ne pensais pas que ce serait de cette manière. Et je crois que c’est pour ça que j’ai été déçu par la tournure qu’a pris le récit. Peut-être aurait-il fallu un peu plus creuser les personnages. Rien que d’aborder un peu plus leur vie respective et sortir un peu des lettres.

  Le rythme est intéressant notamment avec ces lettres alternées entre Alexandre et Alice. Des missives courtes, qui permettent une fluidité indéniable au roman. Les personnages abordent des sujets divers et variés de leurs vies mais aussi des choses plus intimes. On est sans cesse curieux de savoir où ils vont aller et comment ils vont aborder les choses. On se prend à rire parfois, à esquisser un sourire ou à être choqué par tel propos. Et puis le livre est tellement court qu’il se lit en à peine 2 jours.

  Les relations épistolaires sont quelque chose que j’apprécie dans les romans. Cela permet parfois de sa cacher derrière sa plume ou alors au contraire de se livrer totalement. C’est le cas avec « Chère Alice ». J’ai apprécié cette relation naissante mais n’ai pas compris la route prise par l’auteure pour son histoire. Je m’attendais à une histoire d’amour, une romance toute mignonne de deux êtres ayant peut-être eu le coup de foudre. A deux personnes qui se redécouvriraient de manière inédite. Dommage pour moi, je n’ai pas été servi de ce côté-là. Pourtant il y avait matière à faire quelque chose d’intense et d’incroyable.

  Comme je l’ai dit plus haut, bien que ce soit Alexandre ou Alice qui écrivent les lettres, c’est avant tout Cécilia Dutter qui trouve les bons mots. J’ai adoré sa plume et je n’hésiterai pas à lire un autre livre d’elle à l’avenir. Un talent français à souligner. En ce qui concerne la fin, je l’ai trouvé un peu précipité. Je m’attendais encore une fois à autre chose et tout est un peu retombé comme dans un soufflet au fromage. Bien mais ça aurait pu être mieux. Si vous êtes curieux de découvrir ce livre, n’hésitez pas. Il vous fera passer un bon moment. Personnellement je m’attendais à autre chose, dommage pour moi.

Ma note : 7,5/10

Merci aux éditions Milady pour ce partenariat !