jeudi 9 mars 2017

Chronique : Manipulation - Tome 1 : Corbeaux de Juliette Lemaître


Manipulation – Tome 1 : Corbeaux de Juliette Lemaître
(Genre : Dystopie, YA).

Editions : Hachette
Prix : 18€ (Partenariat)
Date de parution originale : 22 février 2017

  Résumé : Liza vit avec sa sœur, à l’écart de la Société. Elle a promis de toujours la protéger, elle, la petite Anna qi n’a jamais su marcher. Mais en quelques heures, leur destin bascule. Anna est capturée par la Milice. Liza n’a pas le choix. Si elle veut revoir sa sœur, elle va devoir quitter le monde qu’elle connaît et entrer dans la Société qui retient Anna prisonnière. Quitte à tomber dans le piège tendu par son président, un homme manipulateur et sans scrupules…


  On m’a vendu ce livre comme un nouveau « Hunger Games ». Pourtant, je suis content de dire qu’à part le début, rien ne m’y a fait penser ! « Manipulation » a son univers bien particulier. Certes totalitaire comme la série de Suzanne Collins, mais on en reste là. La couverture est particulière mais elle ne manquera pas d’attirer le regard dans toutes les bonnes librairies. Un côté mystique qui retient l’attention. Le résumé, je l’avais survolé. Je voulais vraiment découvrir cette histoire sans en connaître beaucoup. Au final, j’ai passé un bon moment. Mais le livre souffre de quelques défauts.

  Tout commence avec un cauchemar d’Anna, et sa sœur Liza vient la consoler. Cela m’a de suite fait penser à Prim qui voyait son nom tiré au sort… et Katniss venant la réconforter. Je me suis posé des questions à ce moment là. Si tout ressemble à « Hunger Games », l’auteur a intérêt d’y mettre le paquet. Pourtant, j’ai continué ma lecture et me suis rendu compte que rien n’était pareil. Certes, on retrouve les codes de la dystopie. Mais Juliette Lemaître a réussi à créer la sienne et n’a pas à en rougir.

  Beaucoup de personnages interviennent dans cette histoire… même un peu trop à mon goût. Si les sœurs sont les protagonistes, 4 autres personnages gravitent autour d’elles : Connor, Jake, Calim et Judith. Et encore je pourrais en citer deux autres. J’ai au départ eu du mal à faire la différence entre Connor et Jake. Peut-être à cause de leurs âges similaires. Mais à force de persévérance, la différence s’est créée et je suis parvenu à les identifier. D’ailleurs ce sont deux jeunes garçons impitoyables, surtout Connor, le président de la Société. Manipulateur, perfide et sûr de son pouvoir… il fera tout pour anéantir la capacité de raisonner des deux sœurs. Parce que ces dernières ont tout appris de la société grâce à leurs défunts parents. Comment elle s’organise, comment elle agit sur ses citoyens et comment savoir réfléchir pour ne pas être manipulé. Liza et Anna sont deux jeunes filles fortes psychologiquement, avec des capacités hors-normes et un sens de la loyauté à toute épreuve. Ce sont de très bons personnages.

  Ce qui m’a le plus peiné c’est le rythme de l’histoire. Jusqu’à la 1ère moitié du roman, j’ai trouvé que c’était assez lent. Juliette Lemaître explique l’histoire de la Société ainsi que ses enjeux. On fait la découverte du récit de la famille des sœurs. Et même si Liza se rend dans la gueule du loup, il ne se passe rien de significatif. Heureusement qu’il y a une alternance des points de vue. Après cette mise en place, tout s’accélère. Des épreuves arrivent, tous comme les révélations, les unes après les autres. On se dit que l’auteur a plus d’un tour dans son sac et j’ai été surpris par tant d’audace. L’addiction et la curiosité font de cette histoire un vrai page-turner.

  L’univers est sympathique à découvrir. On entre dans une société où rien n’est laissé au hasard. Tout est prévu, manigancé, rationné et les habitants sont manipulés dès leur plus tendre enfance. Certaines choses sont prévisibles et c’est dommage. Tout est un peu gros à certains moments. Mais l’auteur s’en sort bien, notamment lors des épreuves dans l’arène. Je dois dire qu’avoir le point de vue de Connor a été quelque chose d’intéressant. En tout cas, les explications sont censées et c’est le principal dans ce récit.

  La plume de Juliette Lemaître est simple. Elle souffre parfois de petites lacunes dans le style ou dans la fluidité des phrases. Mais avec son jeune âge on n’en tient pas rigueur. Je n’aurais même pas été capable de faire le quart de son travail. La fin m’a beaucoup plu. Par contre, je me demande ce qu’il peut bien se passer dans le tome 2. Pour moi, la fin est parfaite comme elle est et conclut bien ce 1er tome. A voir donc… En tout cas, malgré quelques défauts et un tome 1 introductif, l’auteur nous plonge dans un récit prenant rempli de surprises !

Ma note : 7,5/10.

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

mardi 7 mars 2017

Chronique : Envole-moi d'Annelise Heurtier


Envole-moi d’Annelise Heurtier.
(Genre : Contemporain).

Editions : Casterman
Prix : 12,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 8 mars 2017

  Résumé : Il y en a qui prétendent qu’on ne peut pas réellement être amoureux quand on a 15 ans. Mais je m’en fous, de la voisine, de ma tante Mireille et de tous ceux qui pensent qu’entre Joanna et moi, ça ne compte pas vraiment. Ils n’ont rien compris. Ils ne peuvent pas savoir ce qui nous lie. Moi, je sais qu’elle est la seule personne qui me donne autant envie d’être là. Mon cœur ne sera jamais plus grand de quelqu’un qu’il ne l’est de toi, Joanna.


  J’ai pu découvrir Annelise Heurtier avec son livre « Le complexe du papillon » (mon avis). Un ouvrage plein de sensibilité et de réalisme qui m’a beaucoup ému. Du coup, lorsque j’ai vu ce titre chez les éditions Casterman, je n’ai pas hésité. Je savais dans quoi j’allais m’engager et je savais également que je n’allais pas être déçu. Bien évidemment, je ne me suis pas trompé. La couverture est sobre mais efficace. Le résumé lui, m’a tenté rien que par les thèmes abordés. Vous n’avez plus qu’à vous laisser séduire.

  Tout démarre très vite puisque la rencontre entre Swann et Joanna se fait dès le 1er chapitre. Pourtant un point crucial fait se questionner le jeune homme : le fauteuil roulant de Joanna. Vient alors les interrogations sur cette future relation et sur toutes ses conséquences. Cependant, Swann dépasse ses doutes : ce qu’il ressent pour la jeune fille est trop important pour laisser cette barrière interférer entre eux. C’est le point de départ du roman. J’ai été curieux de découvrir la suite et de voir comment la relation entre les deux jeunes allait évoluer.

  Les personnages sont très attachants, que ce soit Joanna ou Swann. De par leurs réflexions mais également par leurs manières d’agir l’un envers l’autre. Chacun apprend de l’autre, chacun élève l’autre un peu plus haut. Swann en vient à réfléchir pour Joanna lorsqu’ils font des sorties par exemple. Joanna pense à Swann et à ce qu’elle pourrait lui faire découvrir. Malgré la différence, vous verrez que les deux protagonistes s’accordent parfaitement. D’autres personnages interviennent dans l’histoire. Tantôt pour rappeler au lecteur le thème principal du livre, tantôt pour faire avancer l’intrigue. Tous sont importants et permettent à Swann et Joanna de « s’envoler ».

  On aurait pu croire que l’auteur se contente de raconter l’histoire naissante entre nos protagonistes. Et que malgré les différences et les questions soulevées, elle s’arrête là. Mais c’est mal connaître Annelise Heurtier. Elle a su trouver le point dans le roman qui permet au lecteur de tourner les pages. Le but que Swann doit atteindre. Evidemment, on a hâte de savoir si il va y parvenir. Les chapitres sont courts, le livre aussi, on ne s’ennuie pas et c’est super.

  A travers l’histoire d’amour entre Joanna et Swann, l’auteur amène des thèmes importants. Ils le sont d’autant plus parce que le livre appartient à la littérature jeunesse. Le handicap, le regard des autres (sur la personne en fauteuil roulant ou la personne qui l’accompagne), les objectifs à atteindre, le poids des sentiments, la famille ou encore la musique et la danse. Tant de choses dans lesquelles le lecteur peut se reconnaître. Ce qui est quand même le plus beau… c’est ce sentiment que toute personne amoureuse connaît : faire passer avant soi la personne que l’on aime.

  L’écriture d’Annelise Heurtier est toujours aussi élégante, sincère et sobre. C’est une plume qui vous emporte dans l’histoire pour vous lâcher quand le point final est posé. Je n’ai plus grand-chose à dire à part que vous devez vous le procurer ! C’est un roman intéressant, faisant réfléchir et surtout à mettre entre toutes les mains : petites et grandes. Pour ma part, je retenterai avec plaisir un roman de l’auteur, c’est sûr !

Ma note : 8,5/10.

Merci aux éditions Casterman pour ce partenariat !

lundi 6 mars 2017

Chronique : Le Joyau - Tome 3 : La clé noire d'Amy Ewing


Le Joyau – Tome 3 : La clé noire d’Amy Ewing.
(Genre : Dystopie, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 24 novembre 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : The Lone City, Books 3 : The Black Key

  Résumé (SPOILERS SUR LES TOMES 2 & 3 !) : Cela fait trop longtemps que Violet et les habitants des anneaux extérieurs de la Cité solitaire sont soumis au moindre caprice de la noblesse du Joyau. La société secrète connue sous le nom de la Clé Noire s’apprête à lancer l’offensive pour renverser ces dirigeants cruels et corrompus. Violet a conscience du rôle crucial qu’elle doit jouer dans cette révolte, mais c’est une raison encore plus personnelle qui la pousse à s’engager corps et âme pour la cause : la Duchesse du Lac a enlevé sa petite sœur Hazel… Après avoir eu tant de mal à s’échapper du Joyau, Violet devra tout risquer pour s’y introduire à nouveau, sauver sa sœur, mais aussi l’avenir de la Cité solitaire…


  Encore une série que je termine ce mois-ci. C’est avec un sentiment de satisfaction et en même temps avec un petit pincement au cœur de quitter un univers qu’on aime autant. La trilogie « Le Joyau » m’a plu dès le 1er tome. Il faut dire que l’ensemble des livres ne manque pas d’argument. Et puis ces couvertures, que la Collection R reprend à chaque fois, sont magnifiques. Si vous n’avez pas encore tenté le 1er tome… je ne sais pas ce que vous attendez. En tout cas, c’est une belle conclusion que nous offre Amy Ewing !

  Comme dans chaque tome 3, l’auteur commence par faire des rappels du tome précédent. C’est aussi une manière de relancer l’intrigue en énonçant les futurs points à régler. On commence doucement, pour que l’auteure place ses pions et qu’un événement fasse basculer le récit dès le 1er tiers. C’est très bien joué parce que j’ai de suite était curieux de voir comment Violet allait s’en sortir. C’est un tout cas un bon commencement pour reprendre le lecteur dans ses filets.

  Violet est un personnage qui m’a toujours plus. Dans ce tome, c’est encore une fois le cas. Elle est devenue très forte psychologiquement, dépassant les barrières que la Cité solitaire a voulu lui imposer. C’est une jeune fille altruiste, sincère, qui prend conscience de son pouvoir et de sa force dans la rébellion. Et on l’admire pour ses qualités et ses capacités. D’autres personnages interviennent mais je vous laisse le soin de les découvrir. Il serait difficile d’en parler ici alors que certains n’ont pas encore découvert le 1er tome ! Mais l’ensemble des personnages donne un récit profond, riche et dynamique… très appréciable.

  Comme dans tous les tomes 3, il faut que l’auteur place ses pions pour que la révolution s’enclenche. La chose inédite ici, c’est qu’elle n’hésite pas à placer son meilleur atout au centre des affaires. J’ai apprécié l’audace et la conviction dans ce choix. Il se passe beaucoup de choses dans ce tome 3. Entre ce que Violet subit, ce que subissent ceux restés à l’arrière et ce qu’il se passe en 1ère ligne… il y a de quoi faire ! De toute façon on espère que ce qui se trame va percer. Sinon, enclencher une rébellion n’aurait pas été très intelligent.

  L’univers est ce qu’il y a de meilleur dans cette trilogie. La Cité solitaire, les mères porteuses, le Joyau, les différents anneaux, les protectrices et le côté fantastique de cette dystopie. Amy Ewing ne s’est pas contentée de créer un univers dystopique comme tant d’autres ont pu le faire. Elle y a ajouté son originalité, sa touche de magie, un côté violent, brutal, qu’on prend plaisir à découvrir. Parce que la Cité solitaire est un endroit sans pitié : trahisons, coups bas et jalousies sont des mots importants dans ces livres. Et on adore ça, bien évidemment.

  La plume de l’auteur est aussi intéressante. La traduction en tout cas, permet au lecteur de ressentir des émotions, aussi diverses soient elles. C’est un avantage non négligeable, tout comme le fait de pouvoir visualiser les scènes avec une facilité déconcertante. La fin est top, même si au final, on savait que ça se passerait comme ça. Mais c’est bien amené, bien fait et c’est une fin qui m’a plu. Une conclusion qui permet à la série de bien se terminer. Je ne peux que vous recommander cette trilogie. Elle a su me séduire dès son 1er tome et j’ai à chaque fois eu envie de découvrir les suites. Donc foncez, n’hésitez surtout pas !

Ma note : 8,5/10.

Merci à Cécile et à la Collection R pour ce partenariat !